Anaïs n'hésita pas
cette fois à déverser toute sa
rancoeur...
Anaïs *criant presque* : Je
pensais que vous étiez différents !
Je pensais que vous étiez
des mecs biens ! Je pensais même être
tombée
amoureuse de l'un d'entre vous !
Mais tu veux que je te dise, Noah ?
Je pense surtout que la
différence venait du fait que vous étiez MORTS
!
Alors qu'en fait, vous
êtes toujours les mêmes enfoirés affectifs et
vrais
salauds que de votre vivant !
Vous êtes là, à vous pavaner et à faire
les
beaux dans les clubs alors que
tout ce que vous mériteriez, ça serait
de
pourrir dans votre trombe et
surtout d'Y RESTER ! Alors si tu ne sais pas
quoi faire...Je peux t'indiquer
le chemin du cimetière !
Noah fut surpris par ces paroles
assassines, si elle savait à quel point son
amour
était tenace et
unique...Si elle savait qu'il en revenait justement du
cimetière, là où
son coeur venait de se briser
une seconde et dernière fois...Si elle
savait...
Les personnes qui assistaient
à la scène croyaient à un petit show
improvisé,
mais au regard qu'Anaïs
leur lança, ils repartirent tous vaquer à leurs
occupations.
Il essaya de
résister, il essaya de rester fort face à ses
insultes, il essaya vraiment...
Mais il craqua. Cette
scène au cimetière, il y pensait à chaque
seconde, il la revoyait
à chaque fois qu'il
fermait les yeux... C'en était trop...Une nouvelle larme
perla le
long de sa joue, et il se cacha
le visage du mieux qu'il put avec sa main.
Mais ses sanglots le trahissait.
Anaïs resta bouche bée, elle s'attendait à
tout,
sauf à
ça...
Il redressa la tête et la
regarda droit dans les yeux, il pleurait comme un
gosse
mais son expression traduisait
sa grande souffrance et son désespoir.
Anaïs ne savait plus
comment réagir, elle avait été cruelle c'est
vrai, elle s'était défoulée sur lui et elle le
regrettait, mais elle ne pensait pas qu'il prendrait
les
choses autant à coeur !
Noah arriva finalement à prononcer quelques
mots...
Puis tous
défilèrent sans qu'il ne s'en rende
compte...
Noah *blessé* : De que
droit te permets-tu de me juger !
Alors que tu ne sais rien de moi
! De ma vie, de mon ancienne vie !
Si je m'abaissais à ton
niveau, alors là je pourrais dire que tu es une
pute,
puisque tu es maquillée
de cette façon ! Mais est-ce que je le fais, non
!
Parce que je sais très
bien que sous cette couche de maquillage et sans
ce rôle que tu es
obligée de jouer, tu es totalement différente...Une
fille bien !
Alors si tu veux me juger, fais
le bien ! Comme pour Axel, qui est toujours
en train de croupir je ne sais
où ! Et si j'ai été obligé de partir
aussi vite, c'était
pour le sauver ! Demain soir,
nous partons le récupérer avec plusieurs
anges.
Mais ça ne risque pas de
se passer aussi facilement !
Et c'est pour ça que je
venais te demander de l'aide...
Anaïs *surprise* :
Pourquoi, tu...Tu veux que je me battes avec vous
?
Noah : Mais bien sûr que
non ! Malgré ce que tu sembles croire, j'aime une femme
!
A la folie ! Je l'ai
aimée de tout mon vivant et encore plus maintenant
!
Et elle ne le saura probablement
jamais car elle...Elle va se marier demain...
Une nouvelle larme
s'écoula sur sa joue, puis une
deuxième...
Noah *se reprenant* : Et
je ne veux pas que ça arrive ! Je ne veux pas la perdre
!
J'ai failli lui parler
aujourd'hui mais...Mais cet homme est arrivé et...Et il est
reparti
avec elle, ils vont se marier
demain, et moi je ne peux pas empêcher ça
!
Mais toi...Tu peux
!
Anaïs *s'étouffant*
: Pardon ?
Noah *effondré* : Je sais
bien que c'est égoïste ! Mais toute ma vie je n'ai
cessé
de penser aux autres et à
leur confort avant le mien, et regarde où ça m'a
mené !
Alors je te le demande, je t'en
supplie même, fais ça pour moi s'il te
plait...
Je voudrais juste qu'elle sache
que je suis toujours là, et que j'aurais toujours
été
là pour
elle...Jusqu'à ma mort ! Enfin...Je ne sais même pas
si je
serais encore là demain
soir alors...S'il te plait !
Anaïs resta sans voix
pendant plusieurs minutes, pendant que Noah essayait
de stopper ses larmes. Il
tremblait, sanglotait, suffoquait même.
Il avait mal,
à en crever...
Et comme un gosse
paniqué, il n'attendait qu'une chose, la vision de
l'être aimé
lui tendant la main, et le
faisant sortir du précipice dans lequel il avait
trouvé refuge.